Handicap : Sept ans après la loi de 2005…
21/06/2012 | Article | Actualité des Ressources Humaines
La loi de 2005 portant sur l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, a-t-elle permis de favoriser le recrutement et l’insertion des personnes en situation de handicap ? Où en est-on en matière de formation des étudiants handicapés ? Selon l’enquête conduite par Handi-U, l’enseignement supérieur comptait près de 12 000 étudiants handicapés en 2011. Ils étaient seulement 5 000 en 1998. Malgré la légère progression des chiffres, il semble que la scolarisation et l’accès à la formation restent compliqués, tout comme le recrutement. Marion Sebih, Responsable des Partenariats Hanploi.com, revient sur les faits
Sept ans après la loi de 2005, où en est-on ?
D’une entreprise à une autre, la situation est hétérogène. Le cadre légal a, néanmoins, permis de formaliser les engagements pris par les organisations. Nombreuses sont les entreprises à avoir mis en place des conventions et des accords en partenariat avec l’Agefiph. Les politiques handicap ont été instaurées afin de favoriser le recrutement et l’intégration des travailleurs en situation de handicap.
Toutefois, une vraie difficulté persiste encore aujourd’hui. Celle de l’inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi. Car bien souvent, les candidats n’ont pas le niveau d’étude et de formation correspondant aux besoins de l’entreprise. A noter que sur le marché, seulement 15 % des candidats en situation de handicap possèdent le Bac. Un pourcentage qui en dit long.
Quels sont les moyens mis en place par les différents acteurs de l’insertion professionnelle, pour rendre accessible les formations aux personnes en situation de handicap ?
L’alternance s’impose comme une alternative de plus en plus crédible, tant aux yeux des entreprises qu’à ceux des centres de formation. L’avantage de ce type de contrat est qu’il permet de faire monter en compétence les collaborateurs en situation de handicap. Cela offre également, l’opportunité de créer du lien entre les entreprises et les centres de formation autour de la problématique du handicap. Par ailleurs, il semble que de plus en plus d’entreprises tissent des relations solides avec les référents handicap des Grandes Ecoles et autres Universités. C’est notamment, le cas entre l’ESSEC et le Groupe Natixis qui travaillent main dans la main autour des questions de la formation et de l’insertion professionnelle.
Et du côté des Grandes Ecoles et Universités, quelles sont les politiques mises en place ?
Il faut continuer à former des relais handicap dans les Ecoles et Universités afin que ces derniers soient aptes à accompagner les étudiants en situation de handicap et ce, tout au long de leur scolarisation. Vient ensuite la nécessité de construire un environnement scolaire adapté aux étudiants handicapés. Le Groupe ESC a, ainsi, mis en place une banque d’entreprises afin de financer des aides techniques et humaines pour les étudiants en situation de handicap. L’ESSEC a, par exemple, nommé des relais handicap dans chacune des associations étudiantes. Leur rôle est de s’assurer que toutes les activités des associations sont adaptées à tous. Il s’agit là, de bonnes pratiques qui n’existaient pas, il y a seulement trois ans. C’est grâce à ce genre d’initiative que le handicap s’insérera dans le notre quotidien.
Selon vous, quels sont les axes de progrès ?
Revisiter les systèmes qui existent déjà est primordial pour parvenir à banaliser le handicap. Ce sera, sans aucun doute, la meilleure manière de progresser tant au niveau du recrutement que dans l’intégration des personnes handicapées. Les bonnes pratiques existent d’ores et déjà et les progrès se font sentir. L’une des évolutions phares reste la levée de la limite de l’âge pour les contrats en alternance dédiés aux travailleurs en situation de handicap. Et puis, on ne peut pas faire des miracles en sept ans…
Emilie Vidaud

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