Mais que Veulent-ils (donc) ? Pistes pour une QVT efficace

Tribune publié le 05/01/2017

 

Pour une vraie politique de santé au travail : passons de la gestion du coup par coup à une vraie stratégie

Nouvelles technologies, nouveaux rapports au travail, nouveau cadre législatif : tous les ingrédients sont réunis pour la révolution de la Qualité de Vie au Travail. Et c’est une opportunité à saisir pour les responsables RH de construire un projet global –et tangible- d’amélioration du quotidien des salariés !

Gestion des Risques Psycho-Sociaux, Santé et Sécurité au Travail, prise en compte du handicap, recherche de l’égalité homme-femme, gestion de la diversité, de la laïcité : depuis 30 ans, toutes les thématiques liées à la place de l’individu, dans le collectif de l’entreprise et face à son travail, sont progressivement entrées dans le champ du droit du travail, et dans les différentes négociations annuelles. S’il s’agit bien évidemment d’une tendance positive pour les salariés, elle a trop longtemps consisté en un empilement de démarches parcellaires et morcelées. C’est pour cela que l’adoption de la loi de modernisation du dialogue social, le 18 août 2015, dite Loi Rebsamen, constitue une opportunité de taille : c’est la possibilité pour l’entreprise de se saisir de l’ensemble des problématiques liées à la Qualité de Vie au Travail de manière globale, structurée et échelonnée.

 

QVT : une perception globale du rapport entre individu et travail

En effet, cette loi, qui vise à moderniser le dialogue social dans l’entreprise, réduit le nombre de négociations annuelles obligatoires dans l’entreprise (de 12 à 3 !), et indique de ce fait les chantiers prioritaires du dialogue social. Or, l’une de ces 3 NAO a précisément pour objet « l’égalité professionnelle & la QVT » : désormais, les entreprises doivent négocier, chaque année, un « paquet » QVT. Et c’est l’occasion de traiter en profondeur la vraie question : celle du rapport et des attentes liées au travail de chacune des populations présentes au sein de l’entreprise. Les frontières entre vie privée et vie professionnelle se sont déplacées, la pénibilité et les conditions de travail (et de vie) ont évolué : cette négociation annuelle, et reconduite chaque année, doit être l’occasion de passer en revue les leviers d’actions disponibles, afin de répondre aux problématiques de tous… sans caricature. Il ne faut pas perdre de vue que l’image d’Epinal de la start-up –babyfoot / bermuda – est très éloignée de la réalité de 99% d’entre nous ! Mais il n’en reste pas moins que le champ des possibles est grand ouvert : mutuelle, logement, rythmes de travail, situations de santé individuelles, règles de messagerie… tout fait sens pour améliorer la Qualité de Vie au Travail en 2017.

 

Une stratégie à construire, en tenant compte de la réalité du terrain

Ou

Qui trop embrasse, mal étreint

Tout l’enjeu, pour les responsables RH, réside ensuite dans leur capacité à construire une stratégie applicable, et appréhendable par tous les collaborateurs.  La QVT n’a pas vocation à devenir un concept de plus, ce qui est toujours un écueil lorsque l’on établit une approche globale. Il est donc vital de commencer par identifier et cadrer les actions prioritaires à mener, au sein de son entreprise, avant de les inscrire au sein des 4 piliers de la QVT by JLO en accord avec les textes de l’ANI : Mieux anticiper, Mieux travailler, Mieux se réaliser, et Mieux vivre ensemble. Tout, de l’architecture des locaux à la gestion des temps de pause en passant par la mixité des équipes, concourt à améliorer la Qualité de Vie au Travail, mais il ne s’agit surtout pas de vouloir tout traiter en même temps !

 

Une démarche à construire pas à pas

D’autant plus que la QVT est une notion qui s’inscrit dans le long terme, et nous n’en sommes qu’à ses débuts : il est vital de l’aider à naître et à grandir, en permettant à toutes les parties prenantes de l’entreprise (dirigeants, partenaires sociaux, salariés sédentaires et itinérants…), de se l’approprier, et de la nourrir. A cet égard, la justesse et le partage du diagnostic de départ sont fondamentaux. Ensuite, il est préférable de s’atteler à améliorer 4 ou 5 points sur l’année, et de mesurer les progrès accomplis, grâce à des baromètres dédiés. Une approche pas à pas, pragmatique et orientée terrain et collaborateur : c’est ainsi que la QVT permettra d’obtenir des progrès tangibles, pour tous !

 

 

Jean-Luc Odeyer, Président de Groupe JLO

www.groupe-jlo.com

 

 

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