Télétravail communautaire : la SNCF expérimente en région parisienne un nouveau dispositif de bilocalisation

Article publié le 31/10/2012

Créer des renforts dans les gares en cas d’incident et améliorer le temps de transport domicile-travail de cadres administratifs volontaires, tels sont les enjeux RH du dispositif de télétravail communautaire « un bureau dans ma gare » expérimenté depuis octobre 2012 en région parisienne.

 

Le dispositif « Un bureau dans ma gare » mis en place par SNCF Transilien consiste à proposer à des cadres administratifs de la direction centrale de venir travailler jusqu’à deux jours par semaine dans une gare proche de leur domicile. En échange de l’amélioration de leur temps de transport domicile-travail, ils s’engagent à venir aider les équipes des gares en cas d’incident. « L'objectif, explique Robert Piana, adjoint au directeur financier de SNCF Transilien, en charge de ce projet, est de créer des renforts mobilisables à tout moment pour aider les équipes à guider et informer les voyageurs en cas de perturbations dans nos différentes gares de grande et moyenne couronne. »

 

Des locaux inoccupés progressivement transformés

Afin de mettre en place ces espaces de télétravail communautaire, d’anciens logements ou locaux inoccupés vont progressivement être transformés et accueillir les collaborateurs jusqu’alors situés à Paris. C’est déjà le cas à Rambouillet où sept bureaux ont été aménagés dans l’ancien logement du chef de gare. Ils accueillent ainsi des cadres SNCF habitant près de Rambouillet et travaillant à Paris, qui ont l’opportunité d’avoir un second bureau près de chez eux. Celui-ci est utilisable sur réservation, en accord avec leur responsable hiérarchique et via un avenant au contrat de travail stipulant ce dispositif de bilocalisation. Petite contrainte supplémentaire : lorsqu’ils travaillent dans leur gare, les collaborateurs doivent être présents pendant la période de pointe du matin (7h-9h), ou pendant celle du soir (17h-20h).

 

Une double problématique RH

Pour Robert Piana, cette expérimentation vient répondre à une double problématique RH : trouver des ressources pour permettre de répondre aux attentes des voyageurs – « Le Syndicat des Transports d'Île-de-France (STIF) demandait à SNCF Transilien d’être plus présent en cas de situations perturbées », précise-t-il - et réduire les temps de transport de certains salariés. Et de préciser : « Avec cette expérimentation, certains cadres en temps partiel ont même fait le choix de revenir à temps plein bénéficiant par ce système de trois heures de trajet en moins lorsqu’ils sont en gare. »

 

Des cadres et des managers à former

Les cadres volontaires pour cette expérimentation ont été formés à la prise en charge et à l’assistance des voyageurs dans le cadre de la démarche « Volontaires de l’Information », mise en place par la SNCF pour constituer des équipes de soutien aux agents des gares lors des perturbations de trafic. « Du côté des cadres administratifs, ce projet a eu rapidement un excellent écho, s’enthousiasme Robert Piana. Nous avons déjà dix-sept volontaires, et ce n’est qu’un début ! » Reste aujourd’hui à mener un travail de formation du côté des managers qui ont parfois du mal à imaginer des membres de leurs équipes en dehors de leurs espaces traditionnels : « Par ce projet, c’est un vrai changement de mentalité qui s’installe au sein de la SNCF, c’est un dispositif qui bouleverse le management en profondeur et nous allons proposer des modules de formation pour mieux appréhender cette nouvelle réalité. »

 

Une expérimentation à évaluer

L’opération « Un bureau dans ma gare » est une expérimentation dont le bilan devrait être tiré courant 2013. Si elle est jugée concluante, elle pourra être déployée dans de nouvelles gares d’Île-de-France et permettre la création de plusieurs centaines de postes de travail. Cette opération s’intègre dans la politique d’amélioration de la qualité de vie au travail menée par SNCF, et participe à ses efforts de développement du télétravail qui ne concerne pourtant aujourd’hui qu'environ trois cent cinquante collaborateurs  en France.

 

 

Audrey Caudron-Vaillant

 

 

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