La fuite des cerveaux : problème récurrent bien réel ou source d’opportunités ?

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Selon une étude LinkedIn, la fuite des cerveaux est un problème bien réel : le réseau social professionnel base son étude sur les informations fournies par ses 380 millions d’utilisateurs, laissant paraître qu’en 2014, la France enregistrait un solde migratoire négatif, au même titre que certains autres pays comme l’Inde, l’Italie ou encore le Royaume-Uni. Les grands gagnants, quant à eux, c’est-à-dire les pays qui enregistrent une arrivée de talents supérieure au nombre de départs sont les Émirats arabes unis (+1,89%) et la Suisse (+0,9%). Que comprendre à travers ces chiffres et qu’en déduire ?

Fuite des cerveaux et statistiques à la pelle

Selon les chiffres de LinkedIn, en 2014, la France enregistrait un solde de -0,2%, soit un nombre de cerveaux quittant le pays supérieur à ceux qui venaient s’y installer. Un chiffre à relativiser toutefois, les statistiques du site ne permettant pas d’établir la nationalité des migrants avec certitude. Néanmoins, si ces chiffres sont fiables, cela signifie que le départ des cadres et des jeunes diplômés n’est pas compensé par l’arrivée concomitante de talents étrangers.

Parmi les facteurs qui expliquent ce solde négatif, la pression fiscale qui inciterait à l’expatriation. Cela dit, si l’on met les chiffres en parallèle avec ceux qui émanent de l’étude réalisée par l’AGS (Association pour la Gestion du Régime de Garantie des Créances des Salariés), la CFE (la Caisse des Français à l’Etranger) et Europcar, moins de 20 % des Français s’installant à l’étranger sont des créateurs d’entreprises. La majeure partie de ces personnes (50%) – ces cerveaux qui « fuient » le pays – sont des individus destinés à être employés dans les entreprises locales.

Fuite des cerveaux : tout le monde n’est pas d’accord !

La fuite des cerveaux n’est pas un sujet nouveau. Les politiques eux-mêmes avaient demandé, en avril 2014, la création d’une enquête parlementaire sur la désertion des « entrepreneurs, jeunes diplômés, créateurs d’entreprise, artistes », dont la conclusion était que les chiffres de l’émigration française restaient modestes au regard du plan international et du plan démographique.

Le ministère des affaires étrangères, quant à lui, relativise : même si la fuite des cerveaux est bel et bien une réalité, avec des chiffres en augmentation constante depuis quelques années, nous sommes loin des flux que connaissent le Royaume-Uni ou l’Allemagne.

La mobilité des étudiants

À côté de l’envie des jeunes de travailler à l’étranger, il est une réalité qu’il convient de prendre en considération : il est aujourd’hui question pour les étudiants de plus de mobilité géographique, tel que le montre le programme Erasmus dont l’objectif est de permettre aux futurs diplômés de s’offrir davantage d’opportunités à l’international.

En outre, il est également à noter que si de nombreux étudiants quittent l’Hexagone pour poursuivre leurs études à l’étranger, l’inverse est également vrai, le nombre d’étudiants brillants intégrant nos universités étant également en hausse. À ce titre, Paris s’inscrit comme l’une des 10 meilleures villes où il fait bon être étudiant, d’après le QS University Index.

Plutôt que de chercher à combattre la migration et donc la fuite des cerveaux, il est important que la France étudie le phénomène, le prenne à bras-le-corps afin d’être en mesure de proposer des solutions pour devenir un acteur majeur qui attire sur son sol l’élite mondiale.

Marilyn GUILLAUME