La convivialité au travail, un facteur de performance économique ?

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Se contenter de lier le thème de la convivialité au travail avec celui des risques psychosociaux est une erreur. Au sein d’une entreprise, le fait de maintenir une ambiance de travail positive, où les collaborateurs se sentent intégrés et valorisés, n’est pas seulement réducteur de stress ou d’incertitudes. C’est aussi et surtout le moyen d’améliorer les performances de l’organisation. Pourtant, il convient de donner une définition précise et pertinente de la convivialité et ainsi déterminer de quelle façon cette convivialité peut s’appréhender comme une brique essentielle à la bonne santé (économique et humaine) d’une entreprise.

 

Qu’est-ce que la convivialité au travail ?

Certains pensent à tort que la convivialité en entreprise consiste à organiser de temps à autre quelques moments de détentes lors desquels les collaborateurs vont apprendre à se connaître et s’apprécier. D’après sa racine latine, le mot « convivialité » signifie « vivre avec l’autre ». On touche ici à l’idée du bien-vivre ensemble. Autrement dit, la convivialité n’est pas ponctuelle et en aucun cas ne se décrète. Elle a plutôt vocation à imprégner la culture de l’entreprise. A ce titre, elle se pratique au quotidien. Associé-Fondateur de Korda & Partners, un cabinet de conseil en management, Philippe Korda estime que la convivialité revêt trois dimensions : « De la proximité, par opposition à la distance hiérarchique ; de la simplicité dans les relations, par opposition au formalisme ; et enfin de la bonne humeur. » Certes, une bonne ambiance de travail n’est pas, et de loin, le seul contributeur du bien-être au travail. Si des éléments tels que les conditions matérielles, la sécurité de l’emploi ou encore les perspectives de carrière, sont négligés par le management, la convivialité ne suffira pas. Pourtant, si celle-ci se retrouve dans les projets de l’entreprise (donner du sens à la mission de chacun, reconnaissance du travail, développement de l’esprit collectif…), l’organisation en bénéficiera dans toutes ses composantes.

 

Ne pas opposer l’économique et l’humain

D’après les travaux de l’Institut Gallup, il s’avère qu’un salarié répondant "oui" à la question « avez-vous un meilleur ami au travail ? » a huit fois plus de chance d’être impliqué dans son travail. « Cette implication ou engagement émotionnel est directement corrélé à des indicateurs de performance tels que la satisfaction client, la productivité, la rentabilité, la qualité… » explique Philippe Korda.  De même, un management qui témoigne de la reconnaissance à l’égard du travail de ses collaborateurs entraîne chez ces derniers un sentiment de fierté et de confiance qui va améliorer leur engagement et leur productivité. Enfin, il est important de ne pas perdre de vue que les jeunes générations sont extrêmement sensibles à ces différents aspects : absence de formalisme, proximité, relations détendues…

 

Comment parvenir à créer de la convivialité ?

Nous l’avons évoqué plus haut, la convivialité ne s’obtient pas d’un coup de baguette magique, elle se construit au quotidien. Dans cette optique, les directions disposent de plusieurs outils. L’aménagement des espaces de travail combiné à la création d’espaces dédiés aux salariés favorise les discussions informelles. Les salariés ont ainsi des relations plus proches et plus personnelles, ce qui est positif pour l’organisation. Autre possibilité : créer des petits rituels simples et peu coûteux comme la célébration d’évènements positifs (anniversaires, signature d’un contrat…). L’intégration des nouveaux arrivants ou l’accueil de personnes extérieures à l’entreprise est également très important, il permet de mesurer et d’entretenir la bonne ambiance qui règne au sein de l’organisation.