Les « Millennials » : pourquoi cette génération est-elle en train de démissionner ?

La génération smartphone continuera de démissionner tant que les entreprises seront incapables de s'adapter aux modes de vie d'aujourd'hui.

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millennials génération y

Née entre 1980 et 2000, la génération Y est réputée pour être incapable de rester concentrée et ne pas avoir les pieds sur terre. Elle a fait l’objet de plusieurs études cherchant à comprendre pourquoi elle rencontre tant de difficultés à s’intégrer en entreprise.

La génération Y et le fantasme de l’entreprenariat : d’où ça vient ?

« entrepreneur » , « CEO », « start-up », « influenceur » ce sont des mots en vogue aujourd’hui. Vous les avez déjà lu sur un CV ou encore sur une page Linkedin, n’est ce pas. Si ces termes font rêver les millennials, il reste à comprendre pourquoi. Zoom sur les aspects qui sont laissés pour compte par les études faites sur le sujet.

Cette génération à peine diplômée est-elle pleine d’exemples illusoires ou suffit-il réellement en 2018 d’avoir une « idée » pour lever des millions…? Il est vrai qu’au cours de ces dernières années, il paraît plus simple de changer le sort de la planète et de devenir maître de sa vie en un claquement de doigt. 

Prenons exemple sur une personnalité qui a marqué l’esprit des jeunes : Martin Zuckerberg, créateur de Facebook à l’âge de 20 ans, qui est devenu la 5ème plus grande fortune du monde. C’est de ce type d’exemple qu’est née l’idéologie entrepreneuriale.

Alors forcément, pourquoi rester en entreprise à attendre son évolution pendant que les jeunes de son âge ont l’air de décrocher une fortune sans faire d’efforts ? 

La culture de la télé et des réseaux sociaux : un monde avec un filtre  

Les « millennials » vivent dans ce nouveau monde, où seule la réussite existe. Ils ne connaissent pas l’envers du décor de l’entreprenariat, dans laquelle un bon nombre de start-up sombrent rapidement, et ou le régime de la précarité et la pression horaire domine.

Les nouvelles générations ont grandi en pensant qu’ils pouvaient tout avoir, atteindre tous les objectifs qu’ils se fixeraient. Tout ça vient de la culture de la télé, des publicités, et d’internet qui vante des gratifications sans fin. Ces générations ont été valorisées par un trop-plein de messages positifs uniquement pour consommer davantage.

Les « millennials » sont aussi les premières générations à avoir grandi avec internet et les réseaux sociaux. On ajoute un filtre sur la réalité qui permet de montrer uniquement le côté positif de l’histoire. On raconte ce que l’on souhaite raconter. Ainsi, bloggers et influenceurs sont les maîtres du monde. Voici l’art de frustrer des générations entières. 

Une fois les pieds en entreprise, cette illusion disparaît. Ainsi, ils réalisent très vite qu’ils ne sont pas si spéciaux. Que pour être valorisé pour ce que l’on fait, il faut travailler dur. Et souvent, on leur demande de réaliser des tâches peu stimulantes mentalement. Très loin de leurs idéaux.

L’entreprise n’est plus adapté au monde d’aujourd’hui…

Aujourd’hui avec internet, tout ce que l’on souhaite est devenu accessible très rapidement. Si l’on n’a pas envie de cuisiner, il suffit de commander. Si l’on n’a pas le temps de se déplacer, il y a les achats en lignes. Tout est à notre portée.

En revanche, concernant la satisfaction au travail, il n’y a pas de système qui nous facilite la vie. L’acquisition des compétences est quelque chose qui prend du temps, et la confiance ne s’installe pas du jour au lendemain. En entreprise, absolument rien n’est livré sur un plateau d’argent. Et pourtant, cette génération a l’obsession de la réussite, mais sans la patience.

Il faut admettre que cette génération est le fruit de son époque. Elle continuera de démissionner tant que l’organisation au travail ne s’adaptera pas à leurs modes de vie ultra connectés.

En conclusion, le monde de l’entreprise doit évoluer pour retenir ces « millennials » et faire aboutir leur potentiel avec un système plus adapté à leur temps. Et pour ne pas les pousser vers la sortie, nous avons besoin d’une nouvelle culture d’entreprise.

Lysa ACHACHA.