Pourquoi le gouvernement veut bientôt faire payer les arrêts maladie aux entreprises ?

À la place de la sécurité sociale, les entreprises pourraient prendre en charge les indemnités versées pendant les arrêts de moins de huit jours, pour réduire les dépenses d'assurance maladie.

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Le gouvernement souhaite faire payer les indemnités journalières des arrêts maladie de courte durée aux entreprises et non plus à la Sécu.

En effet, le gouvernement aimerait faire des économies dans l’Assurance maladie. L’un des projet consisterait à faire prendre en charge l’indemnisation des arrêts maladie de courte durée aux entreprises, et plus à la Sécurité sociale. Cette mesure pourrait coûter plus de 900 millions d’euros aux entreprises, et devra être présentée aux partenaires sociaux par le premier ministre, et la ministre de la Santé dès Septembre. Les économies permettraient alors de financer le plan santé qui sera présenté dès la rentrée.
Plus précisément, les entreprises pourraient prendre en charge jusqu’à quatre jours d’indemnités journalières au-delà du délai de carence de trois jours, pour les arrêts de moins de huit jours. Dès le 4e jour d’arrêt, les entreprises seraient donc dans l’obligation de payer l’indemnisation à la place de la Sécu.


Un moyen de sensibiliser les entreprises sur le bien-être au travail !

Cette mesure servirait à lutter contre la multiplication coûteuse des arrêts maladie en responsabilisant les entreprises. Entre janvier et juin dernier, les versements d’indemnités journalières ont augmenté de 4,6% en un an, à 10,4 milliards d’euros, selon la Cnam. Mais d’après l’Igas, beaucoup d’entreprises affichent un taux d’absentéisme très supérieur à la moyenne. Les arrêts de courte durée se multiplieraient principalement en raison de mauvaises conditions de travail. Les entreprises, forcées de prendre en charge l’indemnisation de ces arrêts, se sentiraient plus concernées et cherchera à s’améliorer en instaurant les valeurs du bien-être au travail.

Mais le patronat s’insurge. Les dirigeants du Medef, de la CPME et de l’U2P ont d’ailleurs écrit à Edouard Philippe pour lui faire part de leurs mécontentements. Le vice-président de la CPME, Jean-Michel Pottier a déclaré : «Nous craignons d’aller dans une concertation qui ne soit qu’un faire-valoir pseudo-paritaire pour nous faire avaler la pilule», selon lui, un tel projet serait un «chiffon rouge» pour le patronat. Quant au président de l’U2P, Alain Griset, il révèle que pour lui le principe n’est pas acceptable. « On ne peut pas dire qu’on baisse les charges pour les entreprises et, à côté, nous taper dessus à la première occasion».

Lysa ACHACHA.