Quel toxic handler êtes-vous?

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Que celui qui n’a pas connu de vaste plan de réorganisation, de plan social ou tout simplement de changement radical dans son job, se lève ! Face à ses bouleversements, certains salariés sont davantage capables que d’autres de gérer leur angoisse mais aussi celles des autres. Leur nom : les toxic handler.

Un toxic handler, c’est quoi ? « C’est une personne capable de reprendre à son compte la souffrance de ses collègues », décrit Gilles Teneau, chercheur associé au LEMNA (Université de Nantes). Autrement dit une éponge à stress. Ces toxic handler portent en fait en eux la résilience des organisations. Malgré des fortes zones de turbulences, ils sont capables de continuer à avancer, entraînant parfois d’autres salariés dans leur dynamique positive. Du pain béni pour les entreprises, qui peuvent compter sur ces profils pour réguler d’éventuels excès. D’ailleurs, ce chercheur par ailleurs coach en organisation, est de plus en plus sollicité pour intervenir en entreprises sur cette thématique et … qui préfèrent rester discrètes. Mais attention, à ne pas faire des toxic handler, les nouveaux gourous du management. En effet, tous les toxic handler ne se valent pas. Il y a toxic handler et toxic handler.

Les 3 types toxic handler : « il y a d’abord, ceux que j’appelle les « porteurs de confiance ». Ils sont très à l’écoute des autres et très sympathiques mais dès que le danger pointe, ils se rétractent. Hors de question de se mettre soi-même en danger pour autrui», détaille Gilles Teneau, également coach en résilience organisationnelle. Il distingue ensuite les « porteurs de souffrance ». Ceux-là absorbent la souffrance des autres… au point de « péter un câble » eux-mêmes. Leur investissement est total, parfois trop, il évoque alors « la fatigue de compassion ». C’est le profil le plus dangereux car cela peut les conduire au burn out. Ou quand le malaise des uns rend malades les autres. « On en trouve beaucoup dans le secteur médico-social mais pas uniquement. Les entreprises sont remplies de ce type de profils », constate-t-il. Enfin, il y a les toxic handler « sains », ceux qu’il a baptisé, les « porteurs de compassion ». « Ils ont le même profil que les porteurs de souffrance mais, ils ont fait un travail sur eux, ils se connaissent bien et sont capables de disperser cette souffrance. C’est la forme idéale pour un toxic handler », affirme l’auteur de « Empathie et compassion en entreprise » (ISTE, 2014).

Peut-on devenir toxic handler ? «Oui, car chacun de nous porte en soi cette capacité de rebond, ce potentiel pour faire des choses exceptionnelles. Cette résilience sommeille en nous », précise-t-il. Pour la réveiller, il faut savoir gérer sa capacité émotive, savoir formuler, écouter, observer et donner du sens à ce que l’on entend. Mais aussi être à même de faire travailler les autres sur eux, bref être « coach dans l’âme ».  Pour y parvenir pas de recette miracle mais du travail via deux méthodes principales : la pleine conscience et les techniques d’optimisation du potentiel (TOP), notamment utiliser dans l’aérospatial. Mais on devrait bientôt en savoir plus car Gilles Teneau prépare un livre didactique sur le sujet. A suivre donc.

Sylvie Laidet

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