Recruter Neymar : une mauvaise idée pour votre entreprise

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Voici déjà plusieurs semaines que nous suivons avec plus ou moins de passion le feuilleton de l’été sur le transfert du prodige Neymar vers l’équipe du PSG.

Un parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire pour attirer les talents dans son entreprise !

Pourquoi votre entreprise ne doit pas recruter Neymar : pour 3 raisons évidentes

#1 Un recrutement trop médiatisé

La médiatisation du recrutement d’un tel talent va avoir pour conséquence, si celui-ci se concrétise de présenter l’équipe du PSG comme le banquier du football international.

Les joueurs vont être tentés d’être très gourmands pour rejoindre ce club et vont faire jouer la concurrence en conséquence.

Dans un secteur ou les talents sont rares et donc déjà cher à la base, il apparaît dangereux de trop médiatiser les recrutements et surtout les rémunérations proposées au risque de voir la cote des salaires s’envoler dans ce secteur d’activité.

Trop de publicité tue la publicité, l’arrivée d’un nouveau talent dans l’entreprise est une chance, mais c’est aussi un risque. Attention à bien maîtriser la communication amont et aval. Les salariés déjà présents dans l’entreprise risquent fortement de demander une réévaluation de leur rémunération au regard du nouvel arrivant.

Avis aux candidats en recherche d’une nouvelle entreprise :

Neymar a posé ses conditions pour rejoindre le PSG, salaires, demande de recrutement de partenaires, … on sait presque tout en lisant les revues sportives

Imaginez-vous dire à votre futur employeur : « je viens si vous recrutez mes potes », lol, on va vous prendre pour un dingue.

#2 Une marque employeur malmenée

Dans ce dossier, on ne peut pas dire que le club ait soigné sa marque employeur, car Neymar avait déjà utilisé le PSG pour négocier son salaire avec le FC Barcelone lors c’un précédent mercato.

Certes, dans ce secteur il ne faut pas être rancunier, mais à ce petit jeu on risque de ce brûler les ailes.

L’entreprise se doit de défendre son image et n’acceptera que très rarement un refus public de la part d’un candidat potentiel (qui a utilisé ce recrutement pour négocier son salaire avec son employeur et planter le recruteur), même si il a été chassé. Une seconde chance n’est pas souvent donnée.

Il apparaît comme très périlleux de faire jouer la concurrence pour négocier son salaire autant pour son image que pour celle des entreprises concernées.

Si l’on rapproche ce feuilleton de la vie réelle de l’entreprise, lorsque l’on travail dans un domaine ou une fonction particulière, les ressources humaines par exemple, il s’avère que la notion de « public » est bien existante au niveau de ce secteur, en effet, le monde de l’entreprise est petit.

Donc une entreprise qui veut à tout prix recruter la star du moment à n’importe quel prix, peut potentiellement ternir son image vis à vis de ses salariés en interne et vis à vis du marché en se montrant trop conciliante avec des candidats peut scrupuleux. Et tout finit par ce savoir dans le petit monde du travail qui vous entoure.

#3 Quel retour sur investissement ?

Le plus fou dans ce feuilleton c’est que le club n’a aucune garantie que ce joueur maintienne ses performances.

C’est un coup de poker car le PSG n’a aucune garantie de gagner la ligue des champions, et donc de rentabiliser cet investissement démentiel.

Les bonnes langues diront que le club a fait une superbe opération car maintenant des joueurs de classe mondiale vont vouloir venir, oui mais à quel prix ?

Lorsque l’entreprise recrute un nouveau talent, elle le fait en s’assurant que son investissement va lui permettre d’accroître la performance de son activité et sa rentabilité.

Le « talent » se doit donc d’apporter ce qu’il a promis, sa période d’essai sera donc décisive pour démontrer que l’entreprise a fait le bon choix.

Gagner ou demander un gros salaire c’est bien, mais prouver qu’on le mérite c’est une autre histoire.

Gardons à l’esprit que le monde du football est un monde bien à part, le parallèle avec le monde de l’entreprise est une pure fiction. Les réalités et les enjeux ne sont pas du tout les mêmes.

Christophe PATTE