Les salariés français réclament plus de souplesse dans l’organisation de leur temps de travail

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Équilibre vie professionnelle – vie privée

En exclusivité pour Horoquartz, Opinionway a enquêté sur le rapport au temps de travail des salariés français. Une enquête inédite dont le bilan est clair : les salariés plébiscitent la souplesse dans l’organisation du travail.

43% des salariés déclarent dépasser leurs horaires

Premier constat : 43% salariés interrogés déclarent travailler au-delà du temps inscrit dans leur contrat de travail. Ils sont 59% à partager ce point de vue chez les cadres. Ces dépassements d’horaires sont plus fréquents dans le secteur tertiaire (services, commerce, banques, assurances…), que dans les entreprises où le temps de travail est traditionnellement mieux encadré (industrie, transports…). Ils sont également plus fréquents dans le secteur public que dans la moyenne du privé. Les contraintes relatives à certaines activités, l’ouverture au public par exemple, ont probablement un effet significatif. « On peut y voir également les conséquences d’un contexte légal, réglementaire voire syndical différent suivant les différents secteurs » commente Thierry Bobineau, Directeur Marketing d’Horoquartz.

Pour 75% des salariés, souplesse dans l’organisation rime avec productivité

Ces dépassements ne sont pas forcément perçus comme « pénibles ». D’ailleurs, le fait de laisser plus de liberté sur les horaires de travail, notamment dans l’organisation de la journée, constitue un réel levier de motivation. Les avis des salariés et des managers convergent sur les effets positifs de cette souplesse. « A 75%, ils pensent qu’elle génère une meilleure productivité des employés qui travaillent à leur rythme. Et 71% mentionnent une meilleure implication dans le travail », souligne Thierry Bobineau.

A l’inverse, les opinions sont partagées lorsque l’on aborde les effets négatifs potentiels de cette liberté. Ainsi, 51% des salariés évoquent le risque de retards répétés, contre 84% côté managers. 76% des managers estiment que cette souplesse pourrait les mettre en difficulté par rapport à leur propre hiérarchie, alors que 39% des salariés évoquent ce risque. Enfin, le risque que le temps de présence dans l’entreprise soit inférieur à la durée de travail requise est mentionné par 44% des salariés et 76% des encadrants. « On voit clairement que les managers anticipent les difficultés pratiques, commente Thierry Bobineau. Ils craignent d’assumer la responsabilité de dérives possibles, notamment si cette liberté devait se traduire par une baisse de la performance. »

Équilibre vie professionnelle – vie privée

80% des salariés indiquent que l’organisation de leur travail leur permet de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ce sentiment est encore plus élevé chez les cadres. « La liberté dont ils disposent dans leurs horaires semble compenser un temps de travail plus élevé », note Thierry Bobineau.

L’enquête relève néanmoins qu’un salarié sur cinq ne parvient pas à concilier vie au travail et vie personnelle« Même s’il paraît faible, ce chiffre est un vrai point de vigilance pour les employeurs, car cette partie de l’échantillon est certainement celle qui présente des risques en termes d’implication et de fidélisation. » Notons enfin que cette perception est plus forte dans les très petites entreprises ou encore dans le commerce.

9 salariés sur 10 indiquent que le respect des horaires est essentiel pour l’entreprise. Cette position serait-elle incompatible avec une plus grande liberté souhaitée ? « Pas nécessairement, répond Thierry Bobineau. Un engagement, même pris dans le cadre d’une organisation flexible du travail, doit être tenu. »

9 salariés sur 10 estiment enfin que la gestion du temps de travail est le facteur indispensable d’un climat social apaisé dans l’entreprise. « C’est aussi un élément d’équité clairement établi puisque 87% pensent que respecter les horaires de travail participe au maintien de l’équité entre salariés », conclut Thierry Bobineau.

Marie de Horoquartz

(*) Sondage réalisé en mars 2017 auprès d’un échantillon représentatif de 1 036 collaborateurs d’entreprises publiques et privées.