Vacances illimitées : quand Netflix responsabilise ses employés

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vacances illimitées

L’objectif de Netflix est celui de toute entreprise de la Silicon Valley qui veut gagner : acquérir, à l’échelle mondiale, un maximum de clients. Un objectif évident qui se traduit par une politique RH des plus innovantes qui ne cesse d’inspirer les entreprises du monde entier.

Le document mis en ligne par Patty McCord en 2009, le DRH du groupe Reed Hastings de l’époque, résume cette politique RH en 124 pages. Un document consulté plus de 11 millions de fois qui séduit, même s’il laisse certains perplexes sur plusieurs points. Un modèle de politique et de gestion des ressources humaines qui montre que Netflix considère ses salariés comme des « adultes responsables ». Parmi les règles en place : des vacances illimitées.

Vous avez besoin de repos ? Reposez-vous

Pour Netflix, si les salariés ont besoin de repos, c’est qu’ils en ont besoin. Jugées comme source de bien-être et moyen de se recharger les batteries, les vacances sont offertes aux employés en vue de les voir plus performants dans leur travail à leur retour.

Depuis la mise en place des « vacances illimitées » en 2004, Netflix n’a pas songé une seule fois à revenir en arrière. A l’époque, la société révélait que ce choix était lié au fait que les employés ne comptaient pas les heures de travail supplémentaire, le soir et le weekend ; pourquoi donc compter les heures de temps libre et de vacances ?
Résultat : Netflix donne aujourd’hui priorité à la manière dont les salariés font leur travail et à leurs résultats plutôt que sur le temps passé à la tâche.

Un modèle suivi par d’autres

Richard Branson, le patron de Virgin, inspiré par le modèle de Netflix, a décidé de le mettre en œuvre dans certaines parties de sa société, à condition que les congés pris par chaque salarié n’aient aucun impact négatif sur le bon déroulement des affaires et de l’entreprise.

Netflix et Virgin ne sont pas les seuls à avoir franchi le pas : une agence de recrutement basée à Brighton, dans le sud de l’Angleterre, Expand, a également permis à ses employés de prendre autant de congés qu’ils le souhaitent, à condition de ne pas abuser de la générosité de leur employeur.

Pour les entreprises qui ont mis le système en place et qui continuent à l’appliquer, la flexibilité ne se traduit pas par un manque de responsabilisation. La performance étant ancrée au cœur même de ces entreprises, fait partie de la manière d’être et de travailler de chacun, permettant aux sociétés d’accorder une confiance sans limites à leurs collaborateurs.

A ce jour, la plupart des sociétés qui ont adopté le modèle de Netflix outre-Manche et outre-Atlantique sont des sociétés high-tech réputées pour leur avant-gardisme. Pour certains spécialistes de la psychologie au travail, le fait de permettre aux salariés de prendre le nombre de jours de congés de leur choix pourrait avoir des conséquences négatives sur certaines personnes qui ne prennent pas assez de congés, soucieuses de la manière dont cette liberté peut être interprétée par la hiérarchie et par les collègues. Une idée à double tranchant que les entreprises doivent évaluer avant de mettre en place, donc.

En France, certaines startups font des vacances illimitées un pari RH et une proposition alléchante pour recruter et retenir des talents. Popchef, la start-up qui livre ses déjeuners à la maison, parle de « liberté » et de « responsabilisation » mais également de culture d’entreprise. Un modèle qu’il convient d’observer sur le long-terme, avec peut-être les mêmes effets positifs que chez nos voisins américains, malgré les différences de mentalité… à suivre !

Marilyn GUILLAUME